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La course à l'Honneur de Monsieur Propre et de la Mère Denis

Publié par Frédéric Blanc sur 11 Avril 2013

Sous ce titre ronflant, je souhaitais aujourd’hui vous donner mon avis sur la notion de transparence que l’on cherche à tout prix par média interposés à nous imposer comme étant la solution au réel problème de probité de nos élus.

L’onde de choc de l’affaire Cahuzac n’ayant même pas encore terminé de faire des vagues, voilà que dans l’urgence tel un pompier devant un départ de feu, Hollande, Ayrault et tous le gouvernement veulent nous manipuler en nous sortant à la va vite une loi de moralisation de la vie politique.

Pire, avant même que quoi que ce soit ait été annoncé, certains ministres, certains élus de tous bords se sont engouffrés dans le piège à mouche de Hollande ! Et là, on frise tout de même le ridicule quand certains nous énoncent dans leur patrimoine des canoés kayaks ou autre 4L...

Déjà, juste pour rappel, je tiens à redonner une vision claire à nos politiques et leur rappeler quels voyants sont au rouge :

  • le chômage
  • le pouvoir d’achat
  • la crainte de l’avenir ce qui provoque par voie de conséquence directe : la baisse du pouvoir d’achat, les entreprises qui ne s’engagent plus etc.

Évidemment tout est bon pour masquer l’amateurisme de ce gouvernement, car les français ne sont pas dupes et ne tombent pas dans le panneau :

  • inversion de la courbe de chômage en 2013 : il suffit juste de voir le consensus des économistes sur le 1,5% de croissance nécessaire à une baisse du chômage, il s’agit donc d’un mensonge
  • retrait des troupes françaises du Mali en mars puis en avril : finalement cela s’étalera sur toute l’année, et nos alliés américains ne sont pas persuadés qu’il s’agisse de la meilleure stratégie
  • la boîte à outil du président ! Sérieusement combien paye t-on les conseillers en communication de l’Elysée ? Vous avez vraiment cru que ce type de langage allait rassurer les françaises et les français ?

Ce que nous voulons, nous Français, nous le peuple, celui qui décide de vous élire, c’est de la vérité, de la franchise. Un politique courageux aurait été celle ou celui qui aurait déclaré pendant la campagne peu ou prou quelque chose dans ce style :

Mes chers concitoyens,

- la croissance en 2013, il n’y en aura pas ou très peu, donc l’année 2013 sera très difficile, mais plutôt que d’aggraver la situation des plus faibles et des classes moyennes en les ponctionnant d’impôts, en leur prenant sur leur salaire, nous consacrerons cette année intégralement à la baisse des dépenses tout en maintenant un effort sur les secteurs clés

- la reconstruction et la sortie de nos dettes prendront du temps, j’irai demander humblement à l’Europe un délai supplémentaire et raisonnable pour tenir des objectifs irréalisables et dangereux pour toute la zone euro si nous nous entêtons vaille que vaille à les tenir malgré des indicateurs économiques alarmants

- les sujets de société importants mais pas prioritaires seront décidés par la voix des français mais le moment venu lors des premières accalmies et que tout le monde aura la tête à la réflexion sur de tels sujets qui ne sont pas anodins pour une société. Et surtout je m’engagerai à ne pas diviser les français en ne tenant pas compte de leur avis

- pour le chômage, je n’ai pas la prétention d’avoir la solution, mais je demanderai à de vrais experts, reconnus unanimement par leur travaux dans le domaine, de mener une étude sur comment améliorer le retour à l’emploi des millions de français inquiets pour leur famille. Cela passera par l’analyse de ce qui se fait à l’étranger sans vouloir à tout prix le transposer tel quel dans notre pays. Chaque pays à ses valeurs et leurs dirigeants se doivent de les respecter. Je demanderai une mission d’évaluation des 35 heures, afin d’en connaître les aspects positifs mais également les effets pervers et si il faut prendre une décision courageuse à l’issue de toutes ces études alors nous les ferons. Mais pas dans l’urgence.

Ce que je veux dire au françaises et aux français dans cette campagne présidentielle, ce ne sont pas des promesses, mais un engagement à faire du mieux que je pourrai. Je ne peux pas faire des promesses car vous le savez la situation économique, sociale d’un pays est en mouvement sans cesse, ainsi des promesses qui auraient du sens aujourd’hui n’en aurai plus dans 6 mois. Je veux le meilleur pour vous Françaises et Français, je veux le meilleur pour la France et ce sera cela mon programme. Ce que je voudrai aussi c’est permettre aux citoyens de s’exprimer, les nouvelles technologies nous permettent de le faire plus simplement qu’hier et nous étudierons un moyen pour que chacun et chacune d’entre vous puisse nous faire part de ses remarques, ses critiques mais aussi ses propositions. Car toutes les idées qui pourront aider notre pays sont à étudier et parfois une idée provenant d’un vécu, du terrain a bien plus de sens qu’une d’un élu, de ministres ou même d’un président qui ont fait de hautes études politiques !

C’est ce genre de discours que j’aurai aimé entendre, pas des promesses, seulement du parlé vrai, un parlé qui vient du coeur, un parlé de père et de mère de famille qui gère leur budget au plus juste car eux n’ont pas le droit à l’erreur ou alors cette dernière est très vite sanctionnée.

Pour en revenir, à cette loi de moralisation de la vie politique, on sait très bien que M. Cahuzac et d’autres auraient fait leurs déclarations de patrimoine en omettant certains détails. Cela ne changera jamais rien au problème.

Je ne suis pas pour un grand déballage, où les gens vont dire ensuite, “tu as vu celui là une maison par ci, un chalet par là...”. C’est du domaine privé. Il faut arrêter de vouloir à tout prix placer la réussite des uns au pilori. Tout comme on pourrait se poser des questions à tort ou à raison en constatant qu’un député aurait très peu de patrimoine. Par contre, je suis pour qu’une déclaration de patrimoine soit faite et soit contrôlée par une instance prévue à cet effet.

Par contre, l’instance de contrôle aurait le pouvoir de sanctionner en cas de mensonge avéré ou oubli impardonnable. Les sanctions doivent être elles aussi à la hauteur de l’enjeu. Par exemple, dans l’affaire Cahuzac, il y a quelques jours, on entendait qu’il risquait une amende de 375.000€, mais sachant que les sommes évadées fiscalement sont au minimum de 600.000€, cela ne doit pas trop l’inquiéter de devoir payer cette amende.

On pourrait par exemple, afin de dissuader sérieusement, appliquer le principe suivant lors de la détection de fraude fiscale de ce type :

- rapatriement et confiscation des sommes en question. Elle seraient réaffectées au budget de l’état

- amende à payer du montant de la fraude avec un coefficient multiplicateur en fonction de seuils à déterminer. Pour l’exemple,

- de 0 à 500.000€ : amende du même montant

- de 500.001€ à 1.000.000€ : amende du montant majorée d’un coefficient 2

- etc.

ainsi une personne fraudant à hauteur de 600.000€ comme M. Cahuzac paierait :

- 600.000€ biens initiaux rapatriés et confisqués

- pour la tranche de 0 à 500.000€ : une amende de 500.000€

- pour les 100.000€ (de 500.000 à 600.000) : une amende de 2 x 100.000€

Soit au total une perte de 1.300.000€ que le condamné devrait payer. Ce genre de système en dissuaderait plus d’un.

Évidemment, il faudrait assortir ces sanctions d’une démission immédiate de tous les mandats détenus par l’élu et quelque soit son rang, de président à conseiller municipal ainsi que d’une peine d’inéligibilité dont la durée devra être déterminée en fonction de la gravité des faits.

Nos élus doivent bien comprendre que c’est un honneur de servir la France et que il n’est pas acceptable de salir ainsi l’image de notre pays par de tels comportements.

Comme pour tout le reste, il faut du contrôle mais ne pas y passer un budget délirant surtout en ces temps de crise, ce qui compte le plus c’est l’arsenal de dissuasion.

Pour un élu qui finirait par se faire prendre et comme vous le savez tôt ou tard tout fini par se savoir, cet arsenal lui assènerait une telle amende et surtout une telle peine d’inéligibilité que cela en dissuadera plus d’un, même parmi les plus malins ou les plus audacieux.

Mais n’oublions pas que tout cela n’est qu’un écran de fumée. Pourquoi ?

- Évidemment pour essayer d’éteindre l’incendie Cahuzac, mais je pense que le mal est fait et que les répliques de ce tremblement de terre de force 9 sur l’échelle ouverte des scandales politiques de ce pays n’ont pas fini de donner de la voix

- Mais aussi, pour gagner du temps en croyant pouvoir faire oublier aux français ce qui les concerne vraiment au quotidien, à savoir le chômage et le pouvoir d’achat.

Une dernière question pour alimenter le débat, dans la déclaration de François Hollande du 10 avril 2013 sur la moralisation de la vie politique, ce n’était pas clairement précisé si le Président lui même était concerné. Si tel est le cas, je ne suis pas certain que le montant de la villa de Mougins faisant partie de son patrimoine ait été estimé correctement, habitant les Alpes Maritimes et connaissant les prix sur les hauteurs de Mougins le montant exprimé parait en dessous de la valeur du marché. Alors Monsieur le Président, êtes vous vraiment pour la transparence totale ? Si oui, il faut nous dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité (idéalement avec des preuves à l’appui) !

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